Centre d’Exploitation de la ligne 18 à Palaiseau (91)

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Centre d’Exploitation de la ligne 18 à Palaiseau (91)

Le Grand Paris
S’inscrivant dans le déploiement du réseau de transport public du Grand Paris, le site de Palaiseau entre dans le maillage des territoires de l’Essonne et des Yvelines. De la gare d’Orly à la gare de Versailles-Chantiers, la ligne 18 enchaîne les interconnexions. Aéroport, RER, métro, tramway, bus et pistes cyclables démultiplient les possibilités de correspondances et couvrent les divers types de mobilités. Dispositif essentiel de la ligne 18, le Centre d’Exploitation de Palaiseau cumule ainsi les fonctions fondamentales. Véritable centre névralgique avec son Poste de Commande Centralisée (PCC), il voit transiter toutes les informations nécessaires à l’exploitation des voies et à la circulation des rames. Avec ses sites de maintenance des infrastructures (SMI) et de maintenance et des matériels roulants (SMR), il assure l’entretien de tous les équipements. Sur un terrain de plus de 11 hectares, les enjeux de l’opération se concentrent sur des exigences d’insertion paysagère et de respect du territoire écologique.
  • Maître d’ouvrage
    Société des Grands Projets
  • Localisation
    Palaiseau (Essonne)
  • Date
    Travaux en cours (2015-2026)
  • Surface
    22 000 m² dont 11 400 m² de bureaux
  • Catégorie
    Mobilités, Tertiaire
  • Programme
    Centre d’exploitation avec Poste de Commande centralisée (PCC), sites de maintenance du matériel roulant (SMR) et des infrastructures (SMI)
  • Partenaires
    Groupement ICARE : Ingérop / Artelia / Arcadis / JFS Architectes

Paysage, programme et architecture à l’unisson 

Aligné sur un axe est-ouest le long de la départementale 36 sur le plateau de Saclay, la parcelle se trouve flanquée au nord d’un corridor écologique traversé de rigoles domaniales et au sud de l’École polytechnique abritée derrière une peupleraie. Élément charnière entre différents milieux naturels, elle induit de fortes contraintes environnementales. De nombreuses espèces protégées doivent pouvoir transiter entre boisements forestiers et zones humides, prairies herbacées et zones agricoles. Par ailleurs, la présence à l’ouest de la parcelle du Site expérimental de Recherches par Télédétection atmosphérique (SIRTA) limite en hauteur les traitements architectural et paysager. 

Apaiser les transitions 

Créant le contexte d’une transition apaisée, le traitement des limites de parcelle s’inspire des lisières forestières. Ainsi, la création d’un talus au sud permet d’accueillir différentes strates végétales. Arbres, arbustes et graminées se chargent de ménager l’intégration du centre d’exploitation dans son environnement. Au nord, les surfaces agricoles cèdent la place aux prairies fleuries. Des toitures végétalisées adoucissent l’impact architectural et valorise l’insertion paysagère.  Traitement harmonieux des limites, la clôture de parcelle adopte dans sa quasi totalité un même vocabulaire. Un barreaudage en acier laqué marque la séparation. Ses profils arrondis gomment toute manifestation trop brutale. Leur hauteur ne dépassant pas 3 mètres allège leur présence. 

La forme au service de la fonction 

Constitué de 3 entités architecturales essentielles, le programme du centre d’exploitation de la ligne 18 de Palaiseau s’incarne dans un vocabulaire architectural mettant la fonction à l’honneur. Encadrant les voies de circulation des rames, les locaux de maintenance des infrastructures et le poste de commandement centralisé se signalent en se dématérialisant. Avec leur membrane extérieure en tôle perforée en aluminium, ils privilégient la fluidité de lignes courbes et la douceur de teintes neutres. Leur implantation aux 2 extrémités de la parcelle rend le site visible depuis les voies autoroutières.   Si ces espaces tertiaires grâce à la mise en œuvre d’une résille métallique profitent d’un vocabulaire dématérialisant, les halls de maintenance des infrastructures et des rames privilégient un socle en béton matricé en partie inférieure exprimant littéralement leur ancrage dans le site. Dans un effet de contraste, la partie supérieure habille le volume imposant de ces bâtiments d’un bardage en bois. Teinte claire et naturelle, elle rompt la ligne minérale du socle tout en étant dynamisée dans le rythme des parements. En toiture, renouvelant le vocabulaire classique de l’architecture industrielle hérité du XIXème siècle, les sheds troquent leur forme habituellement triangulaire pour un profil parallélépipédique. Tout en bénéficiant de l’apport de la lumière naturelle, ils atténuent l’identification de la vocation industrielle de ces édifices.  

Une strafication au service de la nature 

Afin de souligner et d’harmoniser les lignes formelles des différents bâtiments, la conception architecturale joue la partition paysagère dans différents registres. À l’ouest, le traitement par strates confronte les fleurs colorées des couvre-sols au feuillage foisonnant des arbustes, la taille discrète du pommier au port majestueux du hêtre. À plus d’un égard, ce dispositif permet non seulement de signaler l’entrée de la parcelle mais aussi d’articuler sa transition avec l’environnement extérieur. A l’est, le vocabulaire paysager décline le thème de la prairie au travers des graminées. La proximité avec les voies ferroviaires en impose la contrainte. Pour couronner l’ensemble, les toitures végétalisées se coordonnent aux différents traitements paysagers de la parcelle, en accueillant aussi bien les graminées que les vivaces.